CAN 2025 : quand l’Europe vacille, le modèle sécuritaire marocain s’impose comme référence internationale

Les images qui reviennent des grandes villes européennes ces derniers jours sont désormais familières : feux d’artifice tirés en pleine rue, fumigènes, blocage de tramways et interventions musclées de la police après les victoires des sélections maghrébines en phase finale de la CAN. À Paris, Lyon ou Marseille, les rassemblements de supporters algériens et marocains ont parfois dégénéré, provoquant arrestations et réactions des autorités locales.

« Quand la victoire devient prétexte à l’occupation anarchique de l’espace public, l’émotion bascule vite en danger », observe un sociologue du sport interrogé sur place. Dans les diasporas européennes, le stade et la rue servent souvent de soupape identitaire  et, parfois, de scène d’affirmation agressive. Les vidéos de fêtes violentes, reprises en boucle sur les réseaux, alimentent le cercle vicieux : visibilité, répression, nouvelles tensions.

À Rabat, Casablanca ou Marrakech, le décor est radicalement différent. Le Maroc, hôte de la CAN 2025, affiche une mise en scène de la victoire encadrée et ordonnée : fan-zones organisées, présence visible de forces de l’ordre formées et un dispositif logistique pensé pour limiter les risques. Les observateurs notent que l’État a choisi la prévention et la coordination plutôt que la tolérance prudente puis la répression a posteriori. « Ici, on célèbre, mais dans le respect des règles et de la sécurité collective », résume un haut responsable sécuritaire marocain qui préfère rester anonyme.

Le FBI en observateur

Plus révélateur encore : l’intérêt international porté à ce modèle. Début janvier, une délégation du FBI s’est rendue au Maroc pour étudier les protocoles de sécurité déployés autour de la CAN, un signe que les méthodes marocaines attirent l’attention alors que les États-Unis se préparent à co-organiser la Coupe du monde 2026. « Nous sommes venus observer la chaîne complète : de l’accueil des flux de supporters au pilotage des opérations en temps réel », a confié, sous couvert de responsabilité, un membre de la délégation américaine cité par la presse.

Sur le terrain, les témoignages de supporters marocains et algériens présents au Royaume traduisent aussi une différence culturelle de comportement. « Chez nous, la victoire est un moment familial », dit un supporter marocain à Rabat. « On chante, on brandit le drapeau, puis on rentre chez soi », ajoute-t-il. À l’inverse, un supporter algérien basé à Paris avoue : « Quand on gagne là-bas, on veut que tout le monde voie qu’on existe, ça peut déraper. » Ces paroles représentatives illustrent comment la même ferveur peut produire des issues très différentes selon le contexte institutionnel et social.

Le succès apparent du dispositif marocain n’est pas le fruit du hasard. Il repose sur une planification centralisée, la formation d’équipes spécialisées, l’usage de technologies de surveillance et de coordination ainsi qu’une doctrine d’intervention calibrée. Dans ce contexte, le rôle des services nationaux et de leurs responsables est mis en avant par des commentateurs nationaux et internationaux. Certains médias et observateurs ont salué la capacité de l’appareil sécuritaire marocain à garantir la sécurité tout en permettant la fête. La visite du FBI a renforcé cette lecture et permis des échanges techniques bilatéraux.

Tolérance zéro

En cas de qualification algérienne jusqu’aux demi-finales face au Maroc, les autorités marocaines ont clairement indiqué qu’elles n’hésiteraient pas à appliquer une politique de tolérance zéro envers toute provocation ou débordement. « Toute tentative d’instrumentaliser la compétition pour semer le trouble sera réprimée avec la plus grande fermeté », avertit un responsable sécuritaire. Les dispositifs de contrôle des flux et d’intervention rapide sont opérationnels : entraves d’accès, contrôles ciblés et sanctions pénales pour actes violents. Le message est clair et dissuasif : la CAN doit rester une célébration sportive et non un théâtre de confrontation.

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