La justice américaine salue la contribution du pôle DGSN-DGST à deux opérations internationales contre un réseau d’armes et des financements liés au terrorisme et au narcotrafic
Le bureau du procureur des États-Unis pour le district Est de Virginie a mis en avant l’appui opérationnel fourni par le pôle commun de la Direction générale de la sûreté nationale et de la Direction générale de la surveillance du territoire dans deux procédures distinctes, dont la première concerne un réseau de trafic d’armes lié à des cartels en Amérique latine, tandis que la seconde porte sur une structure criminelle liée au narcoterrorisme, reposant sur des transferts financiers clandestins.
Les documents judiciaires américains décrivent une coopération transnationale ayant associé l’Administration américaine de lutte contre les stupéfiants (DEA), plusieurs services africains et européens, ainsi que les autorités marocaines, lesquelles ont mené des interventions de terrain ayant été suivies de procédures d’extradition vers les États-Unis.
Le premier communiqué indique que le trafiquant d’armes bulgare Peter Dimitrov Mirchev a comparu devant un tribunal fédéral américain après son extradition depuis l’Espagne, tandis que le ressortissant kényan Elisha Odhiambo Asumo a été transféré du Maroc vers les États-Unis le 11 mars 2026, avant d’être présenté le lendemain à un juge fédéral.
Le parquet fédéral précise que les prévenus dans cette affaire « ont conspiré pour fournir illégalement des armes de qualité militaire aux cartels de la drogue mexicains, et en particulier au cartel de Jalisco Nueva Generación », que les autorités américaines décrivent comme l’une des organisations criminelles transnationales les plus violentes et les plus actives du Mexique.
Selon l’acte d’accusation, ce réseau projetait de livrer des mitrailleuses, des lance-roquettes, des grenades, des fusils de précision, des mines antipersonnel et des systèmes antiaériens. Les enquêteurs affirment également que les accusés pensaient que le cartel comptait utiliser ces armes pour faciliter l’acheminement de cargaisons importantes de cocaïne vers les États-Unis.
Les documents judiciaires indiquent que des réunions clandestines organisées avec des personnes présentées comme des représentants du cartel ont permis de négocier des transactions d’armement visant à contourner les dispositifs de contrôle internationaux.
Les mêmes documents exposent par ailleurs que Mirchev aurait, selon l’enquête, recruté le ressortissant kényan afin d’obtenir un certificat d’utilisateur final falsifié.
Le parquet fédéral affirme que les accusés « ont obtenu un certificat autorisant l’importation de fusils AK-47, avant d’exporter cinquante fusils d’assaut automatiques depuis la Bulgarie avec l’intention que les armes soient effectivement reçues par le cartel ». Les éléments du dossier ajoutent que les discussions se sont ensuite poursuivies afin d’inclure des systèmes plus lourds, notamment des missiles sol-air, des drones antiaériens et des batteries ZU-23.
Le communiqué précise que les arrestations ont été menées simultanément dans plusieurs pays. À Madrid, les autorités espagnoles ont interpellé Mirchev, tandis que les autorités marocaines ont arrêté Asumo à Casablanca. Un ressortissant tanzanien a également été interpellé à Accra, au Ghana, avant d’être lui aussi extradé vers les États-Unis.
L’accusation américaine confirme que l’enquête a été conduite par l’unité des enquêtes bilatérales de la DEA avec l’appui de partenaires internationaux, parmi lesquels le gouvernement marocain, comprenant la Direction générale de la sûreté nationale et la Direction générale de la surveillance du territoire.
Arrestations simultanées dans une affaire d’armes liée aux cartels
Selon les documents judiciaires, cette affaire remonte à un accord criminel datant de septembre 2022, lorsque plusieurs intermédiaires ont entamé des démarches en vue de vendre des armes militaires à un cartel mexicain.
Les éléments versés devant la justice américaine indiquent que les négociations portaient sur une liste d’armements estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros. Les procureurs soutiennent également que les accusés « ont continué à conspirer pour fournir davantage d’armes aux cartels de la drogue, y compris éventuellement des missiles sol-air et d’autres systèmes antiaériens ».
Le dossier indique en outre que le trafiquant d’armes bulgare avait déjà été impliqué dans des transactions liées à Viktor Bout, condamné par le passé dans des affaires de complot terroriste et de trafic d’armes. Le parquet précise que chaque prévenu encourt une peine minimale obligatoire de dix ans de prison, pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité, la peine définitive devant être fixée par le juge fédéral conformément aux lignes directrices applicables.
Dans ce dossier, les autorités américaines attribuent aux services marocains un rôle décisif dans l’arrestation du ressortissant kényan au Maroc, avant son extradition vers les États-Unis le 11 mars 2026. Le communiqué mentionne également, de manière explicite, la coopération avec le gouvernement marocain, y compris la Direction générale de la sûreté nationale et la Direction générale de la surveillance du territoire, aux côtés des autorités espagnoles, ghanéennes et des autres partenaires impliqués dans l’opération.
Réseau libanais et transferts financiers liés au narcoterrorisme
Le second communiqué, émanant du même bureau du procureur, porte sur la condamnation du binational libano-syrien Antoine Kassis dans une affaire de complot narcoterroriste et de fourniture d’un soutien matériel à une organisation terroriste étrangère.
Les autorités judiciaires américaines expliquent que l’accusé, trafiquant de drogue basé au Liban, a mis à profit ses connexions politiques pour organiser des montages associant armes et cocaïne au profit de groupes armés.
Selon le parquet, l’intéressé « a utilisé son accès de haut niveau au gouvernement syrien pour faire trafiquer de la cocaïne et des armes, tout en blanchissant les bénéfices par l’intermédiaire d’un complice colombien ».
Les éléments présentés au procès indiquent que l’accusé a négocié la livraison d’armes issues de stocks militaires contre des centaines de kilogrammes de cocaïne. Les autorités américaines ajoutent qu’il entendait superviser la distribution de la cocaïne au Moyen-Orient, pendant que ses complices se chargeaient de blanchir les profits pour son compte.
Les preuves examinées par les jurés montrent que les membres du réseau ont transféré près de cent millions de dollars en moins de dix-huit mois au profit d’organisations criminelles.
Le communiqué mentionne également une opération de transfert financier réalisée en août 2024 dans le cadre d’une livraison surveillée coordonnée avec la DEA.
Les autorités judiciaires précisent que l’enquête a mobilisé plusieurs bureaux régionaux de l’agence américaine, notamment ceux de Rabat, Nairobi, Accra, Madrid et Bogotá. Les services marocains figurent également parmi les partenaires ayant apporté une aide importante à l’enquête, le texte indiquant que la Direction générale de la sûreté nationale a contribué aux investigations aux côtés des autorités ghanéennes, kényanes et colombiennes.
Les procureurs fédéraux soulignent que cette procédure a reposé sur une large coopération internationale, à laquelle ont également participé la division des opérations spéciales de la DEA ainsi que le Bureau des affaires internationales du département américain de la Justice.
Le communiqué confirme enfin que les autorités partenaires « ont apporté une aide importante à l’enquête, notamment la Direction générale de la sûreté nationale du Maroc ». Le prononcé de la peine est prévu pour le 2 juillet 2026, l’accusé encourant une peine minimale obligatoire de vingt ans de prison, pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité.