Sebta : Madrid accuse les passeurs, salue le Maroc et conclut avec Rabat un accord sur le retour de tous les migrants entrés illégalement

Le ministère espagnol de l’Intérieur a annoncé, jeudi 30 juillet 2026, que le Maroc et l’Espagne étaient parvenus à un accord visant à renforcer leur coordination et à accélérer les procédures nécessaires au retour de toutes les personnes ayant pénétré illégalement dans la ville de Sebta lors de la vague d’arrivées enregistrée ces derniers jours.

Dans un communiqué officiel consacré à la situation dans la ville, le ministère a souligné le caractère « exemplaire » de la coopération entre l’Espagne et le Maroc dans tous les domaines, notamment en matière de gestion migratoire et de lutte contre les flux irréguliers.

Le communiqué précise que les deux pays sont convenus d’intensifier leur coordination et leurs efforts conjoints afin de faire face à la situation, tout en s’engageant à réexaminer et à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer, dans les plus brefs délais, le retour de toutes les personnes entrées illégalement à Sebta.

L’accord concerne les personnes ayant réussi à pénétrer irrégulièrement dans la ville au cours des derniers jours, que ce soit par voie maritime ou par la frontière terrestre. Les opérations de retour seront menées dans le cadre d’une coordination directe entre les autorités compétentes des deux pays et conformément aux procédures juridiques en vigueur.

Cet accord intervient après l’arrivée rapide à Sebta de plusieurs centaines de migrants, majoritairement des jeunes. Selon les estimations disponibles, plus de 1 500 personnes auraient atteint la ville en l’espace de quelques jours, exerçant une forte pression sur les structures locales d’accueil et d’hébergement.

Dans une prise de position officielle écartant toute responsabilité du Maroc dans cette vague d’arrivées, le ministère espagnol de l’Intérieur a attribué aux réseaux de trafic de migrants une part essentielle de la responsabilité. Il a affirmé que ces réseaux exploitaient une récente décision judiciaire pour inciter des personnes en situation irrégulière, dont la majorité sont des jeunes, à tenter de rejoindre Sebta.

La décision en question a été rendue par le Tribunal suprême espagnol. Elle interdit d’appliquer la procédure de « rejet à la frontière », communément appelée « refoulement à chaud », aux personnes interceptées en mer alors qu’elles tentent de rejoindre Sebta ou Melilla à la nage.

Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a remercié les autorités marocaines pour les efforts déployés par les forces de sécurité au cours des derniers jours, soulignant que les interventions menées du côté marocain avaient permis de déjouer des milliers de tentatives de migration irrégulière.

Fernando Grande-Marlaska est également resté en contact permanent avec son homologue marocain, Abdelouafi Laftit, afin de coordonner les efforts sur le terrain et de réexaminer les mesures nécessaires à l’accélération du retour de toutes les personnes entrées illégalement à Sebta.

De son côté, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé que son gouvernement était « pleinement mobilisé pour apporter une réponse immédiate à la situation à Sebta ». Il a confirmé la mobilisation de toutes les ressources nécessaires, le travail mené en coordination avec les autorités marocaines et les instances internationales, ainsi que la préparation des mesures destinées à rétablir la normalité dans les plus brefs délais.

Le communiqué officiel espagnol met ainsi un terme aux tentatives visant à faire porter au Maroc la responsabilité de la récente vague d’arrivées. Madrid a, au contraire, confirmé que Rabat avait maintenu une coopération sécuritaire constante et que les forces marocaines avaient empêché des milliers de tentatives de franchissement au cours des derniers jours.

L’accord confirme également que l’entrée illégale à Sebta ne confère aucun droit automatique au maintien sur le territoire ni à une régularisation. Le Maroc et l’Espagne s’orientent vers la mise en œuvre des procédures de retour de toutes les personnes entrées irrégulièrement, tout en poursuivant leur lutte contre les réseaux de passeurs qui ont exploité la décision judiciaire et encouragé des jeunes à mettre leur vie en danger.

Cet accord illustre enfin le niveau de coordination sécuritaire et politique entre Rabat et Madrid, ainsi que la capacité des deux pays à passer de l’endiguement des tentatives de franchissement sur le terrain au traitement de leurs conséquences juridiques et humanitaires. Il vise à contribuer au retour à la normale dans la ville et à dissiper l’idée selon laquelle le simple fait d’atteindre Sebta entraînerait automatiquement l’obtention d’un droit de séjour ou la régularisation de la situation administrative.

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