Hypocrisie médiatique et diversion géopolitique : quand la France braque ses projecteurs sur le Maroc pour masquer ses propres démons !

La liberté de la presse demeure l’un des piliers des démocraties modernes. Elle garantit le droit d’informer, de critiquer et de débattre. Pourtant, vue depuis le Maroc, la façon dont certains médias français traitent les sujets relatifs au royaume révèle un net double standard.
Lorsque des publications ou des reportages s’attaquent aux institutions ou au Souverain du Maroc, la presse française invoque généralement la liberté d’expression absolue et le droit à la caricature. Sous couvert d’investigation ou d’humour satirique, des chaînes et des hebdomadaires franchissent parfois la frontière entre information légitime et attaque gratuite. BFMTV, par exemple, a défendu le dessinateur Yasser Mounbir et rediffusé ses caricatures jugées insultantes envers Sa Majesté Le Roi du Maroc, en brandissant la liberté d’expression.
Le traitement change radicalement dès que les critiques se tournent vers l’Elysée ou la classe politique française. Les mots d’ordre deviennent alors protection de la vie privée, respect de la dignité des personnes, rigueur déontologique et lutte contre la diffamation. La liberté d’expression apparaît ainsi comme un outil à géométrie variable : tolérée, voire encouragée, lorsqu’elle vise des personnalités ou des institutions étrangères, strictement encadrée dès qu’elle touche au pouvoir français.
Au-delà de cette partialité, une dynamique plus calculée se dessine. Souvent confrontée à ses propres crises institutionnelles, sociales et économiques, la sphère politico-médiatique française utilise régulièrement le Maroc comme écran de fumée. En braquant artificiellement l’attention sur le royaume et en cherchant le scandale là où il n’existe pas toujours, elle détourne le regard d’une opinion publique qui attend des réponses. Cette tactique du bouc émissaire transforme le journalisme d’investigation en simple fabricant de bruit géopolitique. Elle ne trompe plus longtemps les observateurs attentifs, ni ne dissimule durablement les fractures internes de l’Hexagone.
Faire de l’outrage sa ligne éditoriale tout en réclamant une immunité à domicile n’est ni du journalisme rigoureux ni une preuve de maturité démocratique. La véritable liberté de la presse exige l’équité et l’application des mêmes normes déontologiques, qu’il s’agisse de Paris ou de Rabat. Sans cette cohérence, le journalisme cesse d’être indépendant pour devenir un instrument de pression, de distraction et de dénigrement ciblé.